Les Confessions d’Augustin d’Hippone – Compte-rendu de l’atelier

Saint Augustin, fresque par Sandro Botticelli

Cet atelier à propos des Confessions d’Augustin d’Hippone (Saint Augustin) s’est tenu le 20 octobre 2020, dans le cadre de la série sur la philosophie antique et médiévale.

Édition de référence : Saint Augustin, Les Confessions, précédées de Dialogues philosophiques, édition publiée sous la direction de Lucien Jerphagnon, Paris, Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade, 1998, livre XI, chapitres XIII, XIV, XVII, XVIII et XX. Voir aussi la traduction de Robert Arnaud d’Andilly, 1649, établie par Odette Barenne, édition de Philippe Sellier, Gallimard ; repris par Gérard Chomienne dans Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé, ni d’un commentaire du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Que sont le temps, le passé, le futur ?

Le temps, créé avec le monde selon Augustin

  • Selon Augustin, le temps ne préexiste pas à l’univers. Il n’y a donc pas de sens à se demander ce qu’il y avait avant. Du point de vue théologique, cela implique qu’il n’y a pas de sens de se demander ce que Dieu faisait « avant » la Création.
  • Dans quel sens peut-on alors dire que Dieu est éternel, qu’il préexiste au monde ? C’est qu’il est, pour Augustin, hors du temps, l’intégralité du temps étant pour lui un présent éternel, toujours actuel, sans écoulement : ses années « ne s’en vont pas », contrairement aux nôtres (XIII).

Le passé et le futur n’ont pas, au sens propre, d’existence

  • Le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore ; il est en conséquence difficile de dire qu’ils existent. Concernant le présent, il semble exister, mais le présent d’un instant devient immédiatement passé ; il n’ « est » donc pas au sens fort parce qu’il n’est pas permanent (XIV).
  • Il est pourtant problématique de dire que l’avenir n’existe pas, puisque les prophètes peuvent annoncer l’avenir. De même, il est possible de dire d’un récit concernant le passé qu’il est vrai ou faux, ce qui implique que le passé a une certaine consistance. Avenir et passé existent donc d’une certaine façon (XVII).
  • Plus individuellement, quand on évoque le passé, on fait exister une image de lui dans le présent ; quand on prémédite une action future, on s’en forme une image à l’avance. Il est également possible de prédire un évènement futur, comme lorsque, voyant la lueur de l’aurore, on annonce que le soleil va se lever. Mais cela ne fait pas exister le passé et le futur dans le présent, à proprement parler (XVIII).
  • Il existe donc, selon Augustin, un « présent du passé », un « présent du présent », et un « présent du futur », mais ni « futur », ni « passé », qui eux ne peuvent être présents, et ne peuvent donc exister (XX).

Une réflexion sur le langage au sein des Confessions

  • Augustin conclut ce passage par une réflexion sur le langage et son caractère approximatif. Parler du passé et de l’avenir comme s’ils existaient est un « abus de langage », mais de tels abus sont inévitables dans la langue courante, et il faut composer avec eux (XX).
  • On pourrait ajouter que l’une des tâches de la philosophie est justement de clarifier ce que l’on veut dire lorsque l’on emploie tel ou tel mot. Et cela nécessite souvent plusieurs pages, comme nous le démontre ce texte d’Augustin pour les mots « temps », « présent », « passé » et « futur ».

En écho : des liens peuvent être tissés avec Cicéron, De la divination, et Plotin, Sur le Beau.

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur le livre XI des Confessions d’Augustin d’Hippone aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Lors du prochain prochain atelier, prévu pour mardi 3 novembre à 21h, nous examinerons la preuve de l’existence de Dieu dans le Proslogion d’Anselme de Cantorbéry. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire, ou me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

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Sur le Beau de Plotin – Compte-rendu de l’atelier

Cet atelier à propos du traité Sur le Beau de Plotin s’est tenu le 6 octobre 2020, dans le cadre de la série sur la philosophie antique et médiévale.

Édition de référence : Plotin, Traité du Beau, dans Ennéades, I, 6, traduction Émile Bréhier, Les Belles Lettres, 1924 ; repris par Gérard Chomienne dans Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004. Voir aussi Plotin, Traités 1-6, traité I « Sur le Beau », traduction Jérôme Laurent sous la direction de Luc Brisson et Jean-François Pradeau, Paris, Flammarion, collection GF, 2002.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé, ni d’un commentaire du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Comment accéder au Beau en soi ?

Le beau n’est pas seulement l’harmonieux

  • Plotin part de l’utilisation courante du mot « beau », et envisage de le ramener à l’idée d’harmonie. Une chose serait alors belle quand ses parties s’accordent entre elles, dans une certaine symétrie, une mesure.
  • Cette définition est insatisfaisante selon Plotin, puisqu’elle ne s’applique qu’aux choses et aux êtres composés. Or il existe des choses simples, c’est-à-dire non composées, qui sont belles, comme les parties d’un ensemble beau, les couleurs, l’or.
  • De plus, des choses laides peuvent être en harmonie entre elles, par exemple des « opinions méchantes » comme « la tempérance est une sottise » et « la justice est une naïveté généreuse ». L’harmonie n’est donc pas synonyme de beauté (I).

L’âme juge ce qui est beau en fonction de ce qui lui est propre : le rapport aux Idées

  • C’est l’âme qui se prononce sur la beauté des corps, en détectant en eux ce qui est en rapport avec la réalité supérieure, le domaine des Idées. Les corps beaux sont alors ceux qui ont reçu une forme correspondant à un idéal, idéal dont l’âme a connaissance par sa partie intellective. Par opposition, la matière informe est laide.
  • Ce critère s’applique également aux éléments simples, qui tirent leur beauté de leur participation à une idée, de leur conformité à cette idée, de leur pureté (II).
  • Les beautés non sensibles, celles des « occupations », des « manières d’être » sont, elles, d’une nature supérieure, parce qu’elles sont presque déjà des Idées (IV).

L’âme belle, c’est l’âme pure, selon Plotin

  • Selon Plotin, la laideur des âmes vient de leur lien avec le corps. C’est ce lien qui est à l’origine de l’attraction que l’on peut ressentir pour les corps, la matière, l’inférieur. Pour redevenir belle, une âme doit donc « se nettoyer » (V).
  • Pour se purifier, l’âme doit se détacher du corps. En conséquence, la mort n’est pas à redouter. En effet, l’âme, détachée du corps, retrouve alors le divin, « où est la source de la Beauté » (VI).
  • Pour accéder au Beau en soi, il faut donc remonter. Partir du sensible, passer par les Idées, qui relèvent de l’Intellect, pour enfin accéder au Bien, source du Beau. Toutes les autres vertus, et toutes les beautés, viennent de lui, et lui sont donc inférieures (VII). Il faut donc finalement s’éloigner des beautés sensibles : ce serait se leurrer que d’y rester attaché, alors que c’est le Bien qui est à rechercher (VIII).
  • Le parcours vers le Bien est donc progressif. Il faut en effet s’accoutumer à voir ces « objets brillants », comme pour le personnage de l’allégorie de la caverne de Platon (La République, livre VII, 514a-518b). Il s’agit donc de grimper par degrés, pour éliminer progressivement toute laideur de l’âme, à la manière d’un sculpteur faisant sortir une forme belle d’une masse de matière (IX).

En écho : des liens peuvent être tissés avec Platon, La République, livres VI et VII.

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur Sur le Beau de Plotin aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Le prochain atelier, prévu pour mardi 20 octobre à 21h, nous conduira à découvrir la pensée d’Augustin d’Hippone, mieux connu sous le nom de Saint-Augustin, avec Les Confessions. Nous étudierons un passage du livre XI, qui sera l’occasion d’une réflexion sur le temps. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire, ou me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

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Pensées pour moi-même de Marc Aurèle – Compte-rendu de l’atelier

Statue équestre de Marc Aurèle,
original déposé au Musée du Capitole à Rome

Cet atelier sur les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle s’est tenu le 22 septembre 2020, dans le cadre de la série sur la philosophie antique et médiévale.

Édition de référence : Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, II, 1, 14, III, 2, 11, IV, 3, 49, V, 8, VI, 13, 49, VII, 48, VIII, 7, 48, IX, 9, X, 35, XI, 1, 2, traduction de G. Michaut, éditée par E. de Boccard (1923), repris par Gérard Chomienne dans le recueil Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004. Voir aussi Marc Aurèle, Pensées pour moi-même suivies du Manuel d’Épictète, traduction Mario Meunier, Paris, Flammarion, collection GF, 1964-1992.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé, ni d’un commentaire du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Comment construire sa « citadelle intérieure » ?

Le cosmos, un monde ordonné

  • Pour les stoïciens, le monde est ordonné, déterminé. C’est ce que désigne l’appellation cosmos.
  • Cette conception les oppose aux épicuriens, qui laissent une place au hasard dans le mouvement des atomes, d’où l’alternative « Ou une Providence ou des atomes » (IV, 3).
  • Il existe donc une harmonie entre les corps, et entre les causes. En conséquence, nous recevons, chacun, ce qui est nécessaire à la bonne marche du monde. De même que le médecin « ordonne » parfois des remèdes déplaisants, la nature « ordonne » des évènements désagréables. S’en plaindre dégrade l’harmonie du monde, c’est pourquoi nous devons aimer ce qui nous arrive (V, 8).
  • La conscience de ce Tout ordonné est source d’apaisement (IV, 3). Voir aussi XI, 1.

Le rapport aux autres : bienveillance et justice

  • Il faut nous montrer bienveillants et justes vis-à-vis des autres humains, moins conscients que nous de l’ordre du monde (III, 11) : leurs fautes sont involontaires (IV, 3).
  • De plus, nous devons collaborer pour le bien du Tout (II, 1), comme en témoignent nos inclinations naturelles à aller les uns vers les autres (IX, 9).
  • Il faut en revanche nous désintéresser de notre réputation, des honneurs humains que nous pourrions recevoir (IV, 3) : la vie humaine est courte, nos préoccupations éphémères, mieux vaut rendre grâce au Tout (VII, 48).

Le rapport à soi : construction d’une « citadelle intérieure » pour le « principe directeur »

  • Notre « principe directeur » (traduction de Mario Meunier) est « ce qui commande en nous » (traduction de G. Michaut) ; c’est une partie de l’âme.
  • Dès lors que nous nous concentrons sur ce qui est en notre pouvoir, dans le pouvoir de notre principe directeur, nous sommes « invincibles » (VIII, 48). Il nous faut pour cela nous affranchir des passions, que nous subissons de l’extérieur, « être semblable au promontoire contre lequel incessamment se brisent les flots », et nous réjouir de ce qui est en notre pouvoir, notamment de subir « sans chagrin » (IV, 49). Nous ne devons pas réclamer que tel ou tel évènement se produise ou ne se produise pas, attitude qui est le propre d’une âme malade (X, 35). Voir aussi VIII, 7.
  • La sérénité s’obtient également en nous affranchissant des illusions, des opinions fausses. Pour ce faire il faut nous représenter chaque objet « en sa substance », « nu » ; identifier sa place dans le cosmos, sa durée de vie prévisible, et la vertu qu’il nous donne l’occasion d’exercer (III, 11). Il faut particulièrement nous prémunir contre l’orgueil qui nous fait attacher une valeur excessive aux choses (VI, 13) et donc travailler à mépriser ce que l’on tend à admirer (XI, 2).
  • Le passé n’est plus, le futur n’est pas encore : nous ne possédons que le présent. Peu importe donc la durée de la vie, et si elle est raccourcie, puisque nous ne pouvons perdre ce que nous ne possédons pas (II, 14 ; voir aussi VI, 49).
  • Libérés de ces préoccupations illusoires, nous pouvons nous constituer un abri intérieur, une « citadelle » imprenable, où nous pourrons nous réfugier dès que nous le souhaiterons (IV, 3).

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Le prochain atelier, prévu pour mardi 6 octobre à 21h, sera l’occasion d’une introduction aux néoplatonisme avec le traité Sur le beau de Plotin. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire, ou me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

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Manuel d’Épictète – Compte-rendu de l’atelier

Cet atelier sur le Manuel d’Épictète s’est tenu le 8 septembre 2020, dans le cadre de la série sur la philosophie antique et médiévale.

Édition de référence : Épictète, Manuel, traduction d’André Dacier (1715), I à XXVI, XXXIX, XLIII, LII, reprise par Gérard Chomienne dans le recueil Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004. Voir aussi Marc Aurèle, Pensées pour moi-même suivies du Manuel d’Épictète, traduction Mario Meunier, Paris, Flammarion, collection GF, 1964-1992.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé complet, ni d’un commentaire du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Comment mener sa vie en stoïcien ?

Ce qui dépend de nous, ce qui n’en dépend pas

  • Ce qui dépend de nous, ce sont nos pensées, nos opinions. Le reste ne dépend pas de nous (I, 1).
  • Nous ne pouvons jamais être forcé à quoi que ce soit concernant ce qui dépend de nous (I, 3).
  • Au contraire, pour tous le reste, nous pouvons rencontrer des obstacles, causes de trouble (I, 3).
  • C’est pourquoi il faut concentrer nos efforts (I, 4) et ne désirer que ce qui dépend de nous (XIV).
  • Il nous faut donc nous désintéresser de ce qui n’est pas en notre pouvoir (I, 5) et ne pas développer d’aversion dans ce domaine (II). En effet, ce qui cause le trouble, ce ne sont pas les choses ou les événements, mais l’opinion que nous en avons (V).
  • Comme l’acteur de théâtre, nous ne choisissons pas le rôle que nous jouons dans la vie, mais il est de notre ressort de bien jouer ce rôle (XVII).

Se protéger des déceptions : la recette du Manuel

  • Pour nous protéger contre le trouble causé par la perte d’un bien ou d’une personne chère, il faut nous y préparer en nous rappelant que sa présence n’est pas éternelle. Sa perte est prévisible et ne doit donc pas être cause de trouble (III, XI). Voir aussi XXVI.
  • Lorsque nous envisageons une action, il faut nous la représenter en détail, y compris dans ses aspects désagréables, pour choisir en pleine conscience et ne pas être déçus à la réalisation. Il faut aussi nous souvenir du fait que l’action en question n’est jamais la totalité de ce que nous voulons : être « libre et indépendant » est notre aspiration principale. Cette aspiration ne doit pas être affectée par la réalisation ou non de telle ou telle action (IV).
  • Nous ne devons pas nous glorifier de nos possessions extérieures (VI). Il nous faut également mépriser l’opinion des autres nous concernant, qu’elle soit positive (XIII), ou négative. En effet, injures et outrages ne blessent que par l’opinion que nous avons d’eux (XX). Voir aussi XXII et XXIII.
  • Nous pouvons accepter les avantages extérieurs, mais il nous faut être prêts à tout laisser en un instant (VII). Nous ne devons pas chercher à les obtenir ou à les conserver (XV, XXIV, XXV). Mieux est encore de les mépriser même lorsqu’ils sont là (XV). Et au moins de ne pas dépasser la mesure (XXXIX).
  • « Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu veux. Mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux » (VIII, traduction Mario Meunier). Voir aussi XLIII.

Développer ses vertus, gérer ses désirs et mener sa vie selon Épictète

  • Chaque événement ou accident est l’occasion de l’exercice d’une vertu, qu’il faut rechercher (X). Cette pratique, mentale, est indispensable : la théorie seule est inutile (LII).
  • Rien n’est plus urgent que de se consacrer à la sagesse. Tant pis si cela mène à la ruine par négligence du reste (XII, XIII).
  • Il ne faut pas croire que ceux qui réussissent socialement sont heureux : le bonheur dépend de la liberté, qui elle-même est le fruit du mépris des choses extérieures (XIX).
  • Nous devons parfois compatir aux malheurs d’autrui. Il faut alors bien distinguer qu’il n’est affligé que par ses opinions, et nous garder de nous affliger véritablement nous-même (XVI).

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur le Manuel d’Epictète aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Le prochain atelier, prévu pour mardi 22 septembre à 21h, sera l’occasion d’approfondir notre connaissance du stoïcisme avec les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire, ou me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

Et pour être informé/e des futurs événements, vous pouvez vous inscrire à la newsletter ou me suivre sur Mastodon.

Découvrir la Philosophie avec un Professeur Particulier

Si vous souhaitez découvrir la philosophie, ou la redécouvrir, l’accompagnement d’un professeur particulier peut être utile.

Il est en effet difficile d’appréhender la philosophie en totale autonomie. Vous vous demandez ainsi probablement par quoi commencer, quels thèmes, quels auteurs privilégier.

Une approche sur-mesure

Il n’y a pas de réponse universelle. En effet, pour que la démarche vous soit à la fois utile et agréable, le chemin que vous prendrez doit être le vôtre. Je peux vous aider à le tracer.

Peut-être commencerons-nous ainsi par la philosophie antique, pour poser les bases. Peut-être au contraire aborderons-nous d’abord des questions très contemporaines, pour répondre à vos préoccupations du moment. Tout dépendra de votre projet, et de vos aspirations.

Je commencerai donc par faire le point avec vous sur vos centres d’intérêt, et vos éventuelles premières lectures. Nous échangerons sur cette base, puis je vous recommanderai des auteurs et des œuvres à examiner. Je pourrai aussi vous inviter à réfléchir plus en profondeur sur certaines questions.

Nous pourrons ensuite nous retrouver, une fois par mois par exemple, pour une séance d’une heure et demie ou deux heures. Nous y discuterons des œuvres que vous aurez lues, et des questions qui vous intéressent. Ce sera aussi l’occasion de dessiner la suite de votre parcours.

Découvrir la philosophie par l’interaction

C’est cette interaction qui rendra la philosophie vivante, et qui maintiendra votre intérêt dans la durée. C’est en échangeant que l’on progresse dans la compréhension des concepts et des auteurs.

Selon moi, la philosophie s’adresse à tous. Mais chaque parcours est personnel, et il faut donc adopter une démarche individualisée.

Me contacter

Si vous souhaitez en discuter, prévoir une première séance pour commencer à découvrir la philosophie, ou pour toute question, n’hésitez pas à me contacter. Vous pouvez me joindre au 07 81 73 33 82 ou via le formulaire de contact.

Méthode de l’Explication de Texte

Maîtriser la méthode de l’explication de texte est indispensable pour réussir en philosophie.

C’est en effet un exercice important d’un point de vue académique. Que vous soyez au lycée ou à l’université, vous serez confrontés à de nombreuses explications de texte. Ce n’est pas un hasard, car c’est un exercice très formateur. Il vous apprend à comprendre un texte en profondeur, à en mesurer toute la signification.

Il vous conduit également à appréhender le raisonnement philosophique. D’abord en découvrant la façon de raisonner et d’argumenter des auteurs. Mais également en vous posant vous-même des questions sur la base du texte, pour mieux comprendre sa logique.

Si vous souhaitez d’abord bien comprendre plus globalement ce qui est attendu de vous en philosophie, vous pouvez consulter cet article : Qu’est-ce que faire de la philosophie ?

Je vous propose donc ici une méthode pour l’explication de texte en philosophie.

1) Point de départ de la méthode : découvrir le texte

Le premier contact avec le texte doit être naturel, spontané. Lisez-le, essayez simplement de saisir ce qu’il cherche à dire.

Vous pouvez prendre quelques notes sur les idées qui vous viennent lors de cette première lecture, mais ce n’est pas une obligation.

Après cette première lecture, demandez-vous :

  • De quoi parle le texte, quel est son thème ?
  • Que cherche à dire le texte, quelle thèse défend l’auteur ?
  • À quel problème répond-il, quelle problématique tente-t-il de traiter ?

2) Revenir sur le texte et ajuster la première analyse

Il vous faut ensuite relire le texte, et vous demander si votre identification du thème, de la thèse et de la problématique correspond bien au contenu du texte. L’auteur parle-t-il vraiment de ces sujets, ou aviez-vous mal compris à la première lecture ? Votre première analyse couvre-t-elle bien tout le texte, ou aviez-vous laissé de côté certains éléments ?

Il est probable que vous repériez des manques à votre analyse de départ. C’est le moment de la corriger.

3) Établir le plan du texte

Vous devrez ensuite établir le plan du texte, c’est-à-dire sa structure. Découpez le texte en deux, trois ou quatre parties cohérentes, qui permettent de comprendre la progression de l’argumentation. Ensuite, au sein de chaque partie, vous distinguerez deux ou trois sous-parties.

Il n’y a pas un plan unique pour un texte donné. C’est votre manière de le lire qui va déterminer la façon dont vous le découperez. Mais tout plan n’est pas acceptable : il faut que votre découpage soit logique et compréhensible par votre lecteur/correcteur.

Il n’est pas nécessaire de chercher à faire compliqué. Si le texte est découpé en paragraphes, les frontières entre vos parties coïncideront souvent avec les changements de paragraphe. De même, les sous-parties seront composées d’une ou plusieurs phrases.

Il y a quelques exceptions, dans le cas de phrases très longues, ou de paragraphes trop nombreux. Mais en général vous pourrez, au-delà du sens, vous appuyer sur la présentation typographique du texte.

4) Rédiger votre explication de texte

Après ce long travail préparatoire, vous pouvez aborder la phase de rédaction de votre copie. Elle se décompose, comme pour la dissertation, en trois moments : introduction, développement, conclusion.

L’introduction : susciter de l’intérêt pour le texte

La première phrase de l’introduction, l’accroche, peut être de différents types. Vous pouvez partir d’une question pratique, qui va justifier la réflexion menée dans le texte. Vous pouvez aussi, si vous connaissez l’auteur, le situer, expliquer dans quel contexte il écrit le texte qui va être expliqué.

Vient ensuite l’exposé de la problématique. Il s’agit du problème philosophique auquel répond le texte.

Vous exposez alors la réponse que l’auteur propose pour ce problème. Il s’agit de la thèse, de la position défendue dans le texte.

Vous annoncez ensuite le plan de ce texte : les différentes parties que vous avez identifiées.

Le développement : rendre compte de la logique du texte

Dans le développement, vous allez expliquer ce que l’auteur a voulu dire. Il ne s’agit aucunement de donner votre avis. Vous devez justifier, donner les raisons qui font que l’auteur avance tel ou tel argument, donne tel ou tel exemple.

Vous suivrez l’ordre du texte. C’est l’esprit de ce que l’on appelle “commentaire linéraire” en littérature.

Votre plan sera le plan du texte : chaque partie du texte correspondra à une partie de votre développement. Et chaque sous-partie du texte à une sous-partie du développement. Dans l’ordre.

Dans chaque sous-partie, vous expliquerez la logique de l’auteur, pourquoi ce qu’il dit est pertinent dans ce contexte. Vous devez toujours garder en tête le problème qu’il traite et la thèse qu’il défend. Ce sont elles qui doivent vous servir à expliquer chaque passage et à expliciter les liens entre les différentes étapes d’argumentation.

L’idée est de permettre à quelqu’un, qui aurait lu le texte rapidement, de le comprendre en profondeur grâce à votre explication. En effet, l’auteur a écrit de façon synthétique, il passe sous silence certaines étapes, qui lui semblent peut-être évidentes. Il peut aussi faire des références à des concepts philosophiques sans les clarifier dans le passage à étudier.

Vous allez donc analyser le texte, décortiquer les arguments et techniques rhétoriques employées, expliciter les références grâce à votre culture.

Dans le contexte académique, cela vous permettra aussi de montrer à votre correcteur que vous avez véritablement compris le texte.

Le conclusion : résumer la démarche suivie, et ouvrir

La conclusion est indispensable. Un devoir de philosophie sans conclusion est un devoir non terminé. L’évaluation dépend des enseignants, mais il est habituel de considérer qu’un devoir inachevé ne peut pas avoir la moyenne. Il est donc inenvisageable de sacrifier la conclusion. Si vous manquez de temps, mieux vaut raccourcir votre développement, passer plus rapidement sur certains passages.

La conclusion comporte deux parties, l’une obligatoire, l’autre facultative.

Vous devez d’abord résumer le chemin parcouru. En reprenant l’idée de chacune des parties en une ou deux phrases, vous montrez les liens logiques qui existent entre elles. Vous devez faire sentir que le problème identifié au départ a bien été résolu.

Vous pourrez avoir l’impression de vous répéter entre l’annonce du plan, le développement et ce résumé. C’est normal : pour transmettre un raisonnement, il faut souvent le formuler à plusieurs reprises, en le présentant sous différents angles.

Vous pouvez ensuite ouvrir sur d’autres problèmes voisins, ou sur la manière dont la position de l’auteur du texte a été reprise ou critiquée par la suite. L’ouverture est le seul endroit de la copie ou vous pouvez éventuellement exprimer votre avis sur le texte. Mais vous devez le faire de façon argumentée, et sans disqualifier le texte dans sa totalité : cela reviendrait à dire à votre lecteur que ce qu’il vient de lire est en fait inutile !

L’ouverture est optionnelle : si vous ne vous sentez pas à l’aise, vous pouvez ne pas en proposer. Mieux vaut terminer votre copie avec un résumé bien écrit plutôt qu’avec une ouverture maladroite.

Aller plus loin dans la maîtrise de l’explication de texte et de sa méthode

L’acquisition de la méthode de l’explication de texte passe par l’exercice. Il faut mettre en pratique cette approche le plus souvent possible pour qu’elle devienne vôtre, pour que vous soyez à l’aise avec elle.

S’il vous reste des questions, ou si vous rencontrez de nouvelles difficultés, n’hésitez pas à intervenir en commentaire.

Je peux aussi vous aider de façon plus personnalisée si vous le souhaitez. Nous pourrons travailler sur des sujets d’explication de texte, en fonction de vos centres d’intérêt ou des thèmes que vous souhaitez approfondir. Nous pourrons plus largement développer votre connaissance philosophique à travers des cours particuliers.

N’hésitez pas à me contacter pour en discuter, par téléphone au 07 81 73 33 82, ou via le formulaire de contact.

Enjeux Philosophiques de la Science – Série de Conférences en ligne

Le rapport de la science à la vérité peut être source de confusion : à quel point la science dit-elle vrai ?

Cette ambiguïté est parfois utilisée pour semer le trouble, dans un but de manipulation. C’est pourquoi les enjeux philosophiques liés à la science sont importants, particulièrement en démocratie. Et ils se font sentir avec insistance aujourd’hui, par exemple à travers la question des fake news.

Qu’est-ce que la science ? Quelle foi accorder aux théories scientifiques ?

Je vous propose donc d’examiner ensemble ces enjeux sous deux angles complémentaires. D’abord, qu’est-ce que la science ? Qu’appelle-t-on couramment science, quelles sont les ambiguïtés associées ? Cela nous conduira à nous accorder sur une définition, toujours provisoire, pour pouvoir avancer.

Sur la base de cet éclaircissement, nous nous interrogerons sur la foi qu’il convient d’accorder aux théories scientifiques. Qu’est-ce qui justifie que nous y croyions ? Et quelles sont les limites de leur pouvoir ?

Deux auteurs de référence : Karl Popper et John Dewey

Pour nous guider dans cette enquête, nous nous appuierons principalement sur deux auteurs : Karl Popper et John Dewey. Tous deux ont écrit au vingtième siècle. Tous deux ont pensé la science dans son rapport avec la société et la démocratie.

Karl Popper a proposé un critère pour déterminer si une théorie peut être dite scientifique (la falsifiabilité) dans La Logique de la découverte scientifique. Nous prendrons le temps de bien comprendre ce critère et ce qu’il implique.

John Dewey s’est intéressé aux questions d’éducation. Il a ainsi été conduit à se pencher sur les enjeux sociétaux que pose la science. Il a particulièrement approfondi la question de la certitude dans La Quête de Certitude.

Des conférences exigeantes, mais accessibles à tous

Lors de ces conférences, nous entrerons dans le détail de l’analyse de concept, ce qui implique un certain investissement si vous souhaitez suivre l’ensemble des développements.

Elles resteront cependant accessibles à tous, car elles seront largement interactives. Vous pourrez donc poser vos questions et demander les éclaircissements nécessaires.

Programme des conférences sur les enjeux philosophiques de la science

Je vous propose d’articuler notre exploration en sept séances, un mardi sur deux, de 21h à 22h30. Chaque séance débutera par un exposé de 45 minutes à une heure, suivi d’un échange général.

Voici le programme que je vous propose (les dates, heures et thématiques pourront évoluer, en fonction notamment de notre progression et d’éventuels événements imprévus) :

  • 15 septembre 2020 : Introduction – La science, vérité ou hypothèse ?
  • 29 septembre 2020 : Popper et la falsifiabilité
  • 13 octobre 2020 : Dewey et l’incertitude
  • 27 octobre 2020 : Falsifiabilité et incertitude, deux approches incompatibles ?
  • 10 novembre 2020 : Mise à l’épreuve des deux approches avec un exemple d’expérience, les fentes de Young
  • 24 novembre 2020 : Une proposition de solution, entre doute et fiabilité
  • 8 décembre 2020 : Conclusion – Qu’est-ce que la science nous dit du réel ?

Le tarif est de 9€ par séance, ou 40€ pour l’ensemble des sept séances. Voir conditions.

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Je suis également à votre disposition pour échanger au sujet de ces conférences, ou pour toute question. Vous pouvez me contacter par téléphone au 07 81 73 33 82, ou via le formulaire de contact.

Ensemble de quatre images montrant la formation progressive d'une figure d'interférence
Résultat d’une expérience du Dr. Tonomura sur les fentes de Young avec des électrons. Nous en discuterons lors de la cinquième séance, le 10 novembre 2020. Image de Dr. Tonomura et Belsazar. Licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported

Ouvrages de référence

  • John Dewey, The Quest for Certainty [1929], dans The Later Works, 1925-1953, volume 4 : 1929, éd. Ann Boydston, introduction de Simon Toulmin, Carbondale, Southern Illinois University Press, 1984-2008.
    Traduction française : La Quête de certitude, trad. Patrick Savidan, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de philosophie, 2014.
  • Karl Popper, The Logic of Scientific Discovery, Londres, Routledge, 1959, 1992-2002 (première publication en allemand sous le titre Logik der Forschung en 1935).
    Traduction française : La Logique de la découverte scientifique [1973], trad. Nicole Thyssen-Rutten et Philippe Devaux, préface de Jacques Monod, Paris, Payot, coll. Bibliothèque Scientifique Payot, 2007.

Remerciements

Le parcours que je vous propose est très largement issu de mon mémoire de première année de Master. Je tiens donc à remercier tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à ce travail, et en particulier mon directeur de mémoire Élie During.

Vous pouvez vous inscrire à cette série de conférences sur les enjeux philosophiques de la science en m’envoyant un message via le formulaire de contact.

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Lettres à Lucilius de Sénèque – Compte-rendu de l’atelier

Cet atelier sur la 47ème des Lettres à Lucilius de Sénèque s’est tenu le 21 juillet 2020, dans le cadre du cycle sur la philosophie antique.

Édition de référence : Sénèque, Entretiens, Lettres à Lucilius, édition établie par Paul Veyne, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2003, lettre 47 ; reprise par Gérard Chomienne dans le recueil Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé ni d’un commentaire complet du texte.

Dans le cadre de leur correspondance philosophique, le stoïcien Sénèque écrit à son disciple Lucilius sur la manière dont il convient de se comporter vis-à-vis de ses esclaves.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Comment devons-nous nous comporter vis-à-vis de celles et ceux qui sont à notre service ?

Nous n’avons donc pas procédé à une critique de l’esclavage en tant que tel : suivant l’approche stoïcienne, qui est celle de Sénèque, nous avons pris l’esclavage comme un donné du contexte social. Un travail critique, sur le fond, pourra être l’occasion d’un prochain atelier.

Les esclaves sont des humains, et les hommes libres ne sont pas très différents d’eux

  • Selon Sénèque, nous sommes tous des esclaves, de la Fortune d’une part (puisque le destin détermine notre sort, selon la philosophie stoïcienne ; §1) et de nos vices d’autre part (débauche, avarice, ambition, espérance, peur, amour ; §17).
  • Il n’y a par ailleurs pas de différence biologique entre esclaves et hommes libres (§10).
  • De plus, tout homme libre peut devenir esclave, à l’occasion d’une guerre par exemple, et tout esclave peut être affranchi (§10).
  • Enfin, les esclaves rendent des services nombreux (cuisine, service à table, ménage, intendance, agrément, services sexuels ; §5-8) et méritent pour cela considération.

Nous devons donc nous comporter vis-à-vis d’eux en les considérant en tant qu’humains

  • Il nous faut agir avec eux comme nous voudrions que notre maître agisse avec nous si nous devenions des esclaves (§11).
  • Nous pouvons notamment manger avec eux (§2), et devenir amis avec certains d’entre eux, si leur moralité fait qu’ils le méritent, suivant le même critère que pour toute amitié (§16).
  • Plus globalement, mieux vaut se faire honorer que craindre (§15), et ne châtier qu’en paroles, sans colère ni violence physique (§20).

L’attitude vis-à-vis des esclaves est conventionnelle, tout comme le statut d’esclave lui-même

  • Le fait de conserver une distance importante vis-à-vis de ses esclaves est une « mode » (§2) ; « jadis » (§4) les maîtres montraient une plus grande proximité.
  • Sénèque juge que l’attitude pratiquée à son époque est aberrante, puisqu’elle a par exemple pour conséquence le fait que le maître mange trop, et les esclaves pas assez (§2-3). Surtout, elle conduit les esclaves à devenir des ennemis du maître plutôt que ses soutiens, en raison de la rancœur générée par la distance et la violence (§4-5, voir aussi §9).
  • Le fait d’être esclave ou non est lui-même conventionnel, ou au moins le fruit de la Fortune. En effet, dans le cadre du déterminisme stoïcien, le fait d’être esclave ou non n’est pas en notre pouvoir, c’est un élément fixé par le Destin. Ce statut n’est donc pas le fruit du mérite individuel, il ne dit rien de la qualité d’âme de l’individu concerné. Il ne doit donc pas intervenir dans le jugement que l’on porte sur ledit individu (§15-16).

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur la Lettre à Lucilius 47 de Sénèque aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Nous reprendrons notre exploration de l’histoire de la philosophie mardi 8 septembre, avec une nouvelle série d’ateliers. La première séance nous permettra d’approfondir notre connaissance de la philosophie stoïcienne avec le Manuel d’Épictète. Contactez-moi dès maintenant pour vous inscrire ou si vous souhaitez plus d’informations.

Et pour être informé/e des futurs événements, vous pouvez vous inscrire à la newsletter ou me suivre sur Mastodon.

Série d’ateliers en ligne sur la philosophie antique et médiévale

Augustin d’Hippone,
fresque de Sandro Botticelli

Suite à la première série d’ateliers d’histoire de la philosophie, qui nous a fait découvrir la philosophie des premiers siècles, de Socrate à Sénèque, je vous propose de poursuivre le parcours. Nous nous intéresserons cette fois à la fin de l’Antiquité et à la philosophie médiévale, du deuxième au quatorzième siècle.

Chaque atelier peut être suivi indépendamment, vous pouvez donc y participer même si vous n’avez pas assisté aux précédents. Je pourrai faire référence à des philosophes évoqués lors d’autres séances, mais leur connaissance ne sera jamais indispensable. Chaque atelier est véritablement centré sur un auteur, une œuvre.

Échanger et comprendre la philosophie antique et médiévale

Ces ateliers seront autant de moments d’échange autour de textes de philosophes de référence de l’Antiquité et du Moyen-Âge. À chaque fois, je vous présenterai les enjeux principaux d’un texte, ainsi que son contexte, en 20 à 30 minutes. Nous entamerons ensuite une discussion générale.

La sélection de textes et d’auteurs est basée sur le manuel de Gérard Chomienne, Lire les philosophes (Hachette Éducation, 2004). La plupart des textes sont disponibles librement, mais je vous recommande ce livre pour les retrouver tous dans de bonnes traductions et un format pratique.

Programme de cette série d’ateliers philo

Les ateliers auront lieu en ligne, un mardi sur deux, de 21h à 22h30. Le programme de cette série d’ateliers de philosophie antique et médiévale est le suivant (les dates, heures et thématiques pourront évoluer, notamment en cas d’événements imprévus) :

  • 8 septembre 2020 : Épictète, Manuel – comment conduire sa vie en stoïcien
  • 22 septembre 2020 : Marc Aurèle, Pensées pour moi-même – comment nous protéger des évènements extérieurs
  • 6 octobre 2020 : Plotin, Traité du Beau – le beau en soi, la beauté elle-même, vue par un néoplatonicien
  • 20 octobre 2020 : Augustin d’Hippone, Les Confessions, livre XI – le temps, passé, présent, futur
  • 3 novembre 2020 : Anselme de Cantorbéry, Proslogion, chapitres II à V – une démonstration de l’existence de Dieu ?
  • 17 novembre 2020 : Averroès (Ibn Rushd), Dévoilement des méthodes de démonstration des dogmes de la religion musulmane – causalité, liberté et pouvoir de Dieu
  • 1er décembre 2020 : Thomas d’Aquin, Somme théologique, question 66, Le Vol – sur le caractère condamnable ou non du vol, selon les circonstances
  • 15 décembre 2020 : Guillaume d’Ockham, Court traité du pouvoir tyrannique – sur la séparation entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel, et les limites à fixer au pouvoir pour qu’il ne soit pas tyrannique

Nous entrerons ensuite, à partir de mi-janvier, dans la philosophie moderne, avec pour commencer Machiavel et Montaigne.

Le tarif est de 12€ par séance, ou 60€ pour l’ensemble des huit séances. Voir conditions.

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Je suis également à votre disposition si vous souhaitez discuter de l’opportunité pour vous de suivre ces ateliers de philosophie antique et médiévale, ou pour toute question. Vous pouvez me contacter par téléphone au 07 81 73 33 82, ou via le formulaire de contact.

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De la Divination de Cicéron – Compte-rendu de l’atelier

Cicéron, sculpture par Bertel
Thorvaldsen (vers 1800),
copie d’un original romain

Cet atelier sur plusieurs passages du livre II de De la divination (De diuinatione) de Cicéron s’est tenu le 7 juillet 2020, dans le cadre du cycle sur la philosophie antique.

Édition de référence : Cicéron, De la divination – De diuinatione, présentation et traduction de José Kany-Turpin, Paris, Flammarion, collection GF, 2004. Voir aussi la traduction de Gérard Freyburger et John Schied (Les Belles Lettres, 1992), présente dans le recueil Lire les philosophes de Gérard Chomienne, Paris, Hachette Éducation, 2004.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé ni d’un commentaire complet du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : La divination peut-elle avoir un quelconque fondement ?

Impossibilité ou inutilité de la divination

  • Cicéron présente la divination comme étant un discours concernant des évènements fortuits, ne relevant d’aucune technique ni savoir (V, 14).
  • Dès lors, si le hasard existe, alors un devin peut annoncer à l’avance des évènements fortuits. Mais s’il les prévoit, c’est qu’ils sont certains, et non fortuits. Ce qui est contradictoire (VII, 18).
  • Si au contraire il n’y a pas de hasard, alors tout est déterminé, et nous n’y pouvons rien changer. La divination est donc, dans ce cas, inutile (VIII, 20).

Critique de différents aspects de la divination

  • Si les dieux voulaient nous envoyer des signes, ils le feraient de façon plus claire, ne nécessitant pas d’interprétation (XXV, 54). Mais les dieux ne veulent peut-être pas notre bien (L, 104). Ou alors savent-ils qu’il n’est pas toujours bénéfique de connaître l’avenir (LI, 105). Peut-être ne le connaissent-ils pas eux-mêmes, en particulier si tout n’est pas prédéterminé (LI, 106). Enfin, les dieux pourraient bien ne pas exister (LI, 106). L’origine divine de la divination est donc douteuse.
  • Ce qu’on appelle « prodiges », miracles, signes, n’a rien d’exceptionnel. En effet, « rien n’advient qui ne puisse advenir ; et si ce qui pouvait advenir est advenu, cela ne doit pas être considéré comme un prodige ; il n’y a donc pas de prodige » (XXVIII, 61).
  • L’astrologie, les horoscopes, se fondent sur l’influence de la position des astres au moment de la naissance. Pourtant des personnes nées au même moment peuvent avoir des vies différentes, à l’exemple des jumeaux (XLIII, 90 ; voir aussi XLV, 95). Cette approche semble de plus négliger l’influence plus patente de la météo, du climat et des parents (XLV, 94).
  • Le fait que les rêves puissent être prémonitoires est douteux. En effet, ils ressemblent fort aux hallucinations que l’on peut avoir lorsque l’on est ivre, et peuvent donc être faux (LVIII, 120). Le fait que certains de nos rêves se réalisent peut être le fruit du hasard, puisque nous en faisons beaucoup (LVIII, 121). Par ailleurs, les dieux n’utiliseraient pas les rêves pour communiquer avec nous, étant donné que nous les oublions trop facilement (LX, 125). Ils sont donc plus probablement produits par les mouvements spontanés de l’âme (LXII, 128). Enfin, les interprétations d’un même rêve sont souvent contradictoires entre elles, ils ne sont donc pas informatifs (LXX, 144).
  • Cicéron recommande donc de rejeter la divination (LXXII, 149), tout en conservant la religion, porteuse des rites et du respect de la nature, qui soudent la communauté (LXXII, 148).

Cicéron, un sceptique qui défend des positions ?

  • L’orateur romain suit dans ce texte une approche sceptique, se réclamant de la Nouvelle Académie (LXXII, 150). Il annonce ainsi dès le début du livre II qu’il veillera à « ne rien affirmer » (III, 8).
  • Il applique cependant cette approche en l’orientant vers la mise en doute de la divination, faisant apparaître son rejet comme « ce qui paraît le plus vraisemblable » (LXXII, 150). Ce rejet pourrait pourtant lui-même être mis en doute par une application systématique du scepticisme. Cicéron peut donc sembler faire ici un usage principalement rhétorique du scepticisme, au service d’une thèse.

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur de larges extraits du livre II de De la divination de Cicéron aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Le prochain atelier, prévu pour mardi 21 juillet à 19h, s’appuiera sur la Lettre à Lucilius 47 de Sénèque. Il y est question de la pratique de l’esclavage dans l’Antiquité. Contactez-moi dès maintenant pour vous inscrire ou si vous souhaitez plus d’informations.

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