Méthode de l’Explication de Texte

Maîtriser la méthode de l’explication de texte est indispensable pour réussir en philosophie.

C’est en effet un exercice important d’un point de vue académique. Que vous soyez au lycée ou à l’université, vous serez confrontés à de nombreuses explications de texte. Ce n’est pas un hasard, car c’est un exercice très formateur. Il vous apprend à comprendre un texte en profondeur, à en mesurer toute la signification.

Il vous conduit également à appréhender le raisonnement philosophique. D’abord en découvrant la façon de raisonner et d’argumenter des auteurs. Mais également en vous posant vous-même des questions sur la base du texte, pour mieux comprendre sa logique.

Si vous souhaitez d’abord bien comprendre plus globalement ce qui est attendu de vous en philosophie, vous pouvez consulter cet article : Qu’est-ce que faire de la philosophie ?

Je vous propose donc ici une méthode pour l’explication de texte en philosophie.

1) Point de départ de la méthode : découvrir le texte

Le premier contact avec le texte doit être naturel, spontané. Lisez-le, essayez simplement de saisir ce qu’il cherche à dire.

Vous pouvez prendre quelques notes sur les idées qui vous viennent lors de cette première lecture, mais ce n’est pas une obligation.

Après cette première lecture, demandez-vous :

  • De quoi parle le texte, quel est son thème ?
  • Que cherche à dire le texte, quelle thèse défend l’auteur ?
  • À quel problème répond-il, quelle problématique tente-t-il de traiter ?

2) Revenir sur le texte et ajuster la première analyse

Il vous faut ensuite relire le texte, et vous demander si votre identification du thème, de la thèse et de la problématique correspond bien au contenu du texte. L’auteur parle-t-il vraiment de ces sujets, ou aviez-vous mal compris à la première lecture ? Votre première analyse couvre-t-elle bien tout le texte, ou aviez-vous laissé de côté certains éléments ?

Il est probable que vous repériez des manques à votre analyse de départ. C’est le moment de la corriger.

3) Établir le plan du texte

Vous devrez ensuite établir le plan du texte, c’est-à-dire sa structure. Découpez le texte en deux, trois ou quatre parties cohérentes, qui permettent de comprendre la progression de l’argumentation. Ensuite, au sein de chaque partie, vous distinguerez deux ou trois sous-parties.

Il n’y a pas un plan unique pour un texte donné. C’est votre manière de le lire qui va déterminer la façon dont vous le découperez. Mais tout plan n’est pas acceptable : il faut que votre découpage soit logique et compréhensible par votre lecteur/correcteur.

Il n’est pas nécessaire de chercher à faire compliqué. Si le texte est découpé en paragraphes, les frontières entre vos parties coïncideront souvent avec les changements de paragraphe. De même, les sous-parties seront composées d’une ou plusieurs phrases.

Il y a quelques exceptions, dans le cas de phrases très longues, ou de paragraphes trop nombreux. Mais en général vous pourrez, au-delà du sens, vous appuyer sur la présentation typographique du texte.

4) Rédiger votre explication de texte

Après ce long travail préparatoire, vous pouvez aborder la phase de rédaction de votre copie. Elle se décompose, comme pour la dissertation, en trois moments : introduction, développement, conclusion.

L’introduction : susciter de l’intérêt pour le texte

La première phrase de l’introduction, l’accroche, peut être de différents types. Vous pouvez partir d’une question pratique, qui va justifier la réflexion menée dans le texte. Vous pouvez aussi, si vous connaissez l’auteur, le situer, expliquer dans quel contexte il écrit le texte qui va être expliqué.

Vient ensuite l’exposé de la problématique. Il s’agit du problème philosophique auquel répond le texte.

Vous exposez alors la réponse que l’auteur propose pour ce problème. Il s’agit de la thèse, de la position défendue dans le texte.

Vous annoncez ensuite le plan de ce texte : les différentes parties que vous avez identifiées.

Le développement : rendre compte de la logique du texte

Dans le développement, vous allez expliquer ce que l’auteur a voulu dire. Il ne s’agit aucunement de donner votre avis. Vous devez justifier, donner les raisons qui font que l’auteur avance tel ou tel argument, donne tel ou tel exemple.

Vous suivrez l’ordre du texte. C’est l’esprit de ce que l’on appelle “commentaire linéraire” en littérature.

Votre plan sera le plan du texte : chaque partie du texte correspondra à une partie de votre développement. Et chaque sous-partie du texte à une sous-partie du développement. Dans l’ordre.

Dans chaque sous-partie, vous expliquerez la logique de l’auteur, pourquoi ce qu’il dit est pertinent dans ce contexte. Vous devez toujours garder en tête le problème qu’il traite et la thèse qu’il défend. Ce sont elles qui doivent vous servir à expliquer chaque passage et à expliciter les liens entre les différentes étapes d’argumentation.

L’idée est de permettre à quelqu’un, qui aurait lu le texte rapidement, de le comprendre en profondeur grâce à votre explication. En effet, l’auteur a écrit de façon synthétique, il passe sous silence certaines étapes, qui lui semblent peut-être évidentes. Il peut aussi faire des références à des concepts philosophiques sans les clarifier dans le passage à étudier.

Vous allez donc analyser le texte, décortiquer les arguments et techniques rhétoriques employées, expliciter les références grâce à votre culture.

Dans le contexte académique, cela vous permettra aussi de montrer à votre correcteur que vous avez véritablement compris le texte.

Le conclusion : résumer la démarche suivie, et ouvrir

La conclusion est indispensable. Un devoir de philosophie sans conclusion est un devoir non terminé. L’évaluation dépend des enseignants, mais il est habituel de considérer qu’un devoir inachevé ne peut pas avoir la moyenne. Il est donc inenvisageable de sacrifier la conclusion. Si vous manquez de temps, mieux vaut raccourcir votre développement, passer plus rapidement sur certains passages.

La conclusion comporte deux parties, l’une obligatoire, l’autre facultative.

Vous devez d’abord résumer le chemin parcouru. En reprenant l’idée de chacune des parties en une ou deux phrases, vous montrez les liens logiques qui existent entre elles. Vous devez faire sentir que le problème identifié au départ a bien été résolu.

Vous pourrez avoir l’impression de vous répéter entre l’annonce du plan, le développement et ce résumé. C’est normal : pour transmettre un raisonnement, il faut souvent le formuler à plusieurs reprises, en le présentant sous différents angles.

Vous pouvez ensuite ouvrir sur d’autres problèmes voisins, ou sur la manière dont la position de l’auteur du texte a été reprise ou critiquée par la suite. L’ouverture est le seul endroit de la copie ou vous pouvez éventuellement exprimer votre avis sur le texte. Mais vous devez le faire de façon argumentée, et sans disqualifier le texte dans sa totalité : cela reviendrait à dire à votre lecteur que ce qu’il vient de lire est en fait inutile !

L’ouverture est optionnelle : si vous ne vous sentez pas à l’aise, vous pouvez ne pas en proposer. Mieux vaut terminer votre copie avec un résumé bien écrit plutôt qu’avec une ouverture maladroite.

Aller plus loin dans la maîtrise de l’explication de texte et de sa méthode

L’acquisition de la méthode de l’explication de texte passe par l’exercice. Il faut mettre en pratique cette approche le plus souvent possible pour qu’elle devienne vôtre, pour que vous soyez à l’aise avec elle.

S’il vous reste des questions, ou si vous rencontrez de nouvelles difficultés, n’hésitez pas à intervenir en commentaire.

Je peux aussi vous aider de façon plus personnalisée si vous le souhaitez. Nous pourrons travailler sur des sujets d’explication de texte, en fonction de vos centres d’intérêt ou des thèmes que vous souhaitez approfondir. Nous pourrons plus largement développer votre connaissance philosophique à travers des cours particuliers.

N’hésitez pas à me contacter pour en discuter, par téléphone au 07 81 73 33 82, ou via le formulaire de contact.

Méthode de la Dissertation

Du lycée à l’université, en passant par la prépa, l’exercice de la dissertation est incontournable en philosophie. Pourtant, cet exercice est souvent mal compris. C’est ce qui donne parfois l’impression que les notes en philosophie seraient largement aléatoires. Ce n’est pas le cas, mais le fait de ne pas avoir compris ce qui est attendu, ce sur quoi vous êtes jugé/e/s, rend le résultat imprévisible. C’est pourquoi je vous propose de vous éclairer sur ce point en vous fournissant une méthode de dissertation.

Les bases de la méthode : en quoi consiste la dissertation ?

Pour produire une bonne dissertation, il vous faut d’abord avoir compris ce qu’est le travail philosophique. J’ai détaillé ce point dans un précédent article, que vous pouvez consulter.

Identifier un problème philosophique

Le point central dans ce travail est l’identification et la clarification d’un problème philosophique. Pour résumer, on parle de problème philosophique lorsque l’on est dans une situation qui semble appeler des réponses différentes et incompatibles entre elles, voire contradictoires.

Le travail de dissertation va donc consister, d’abord, à identifier, voire à construire un tel problème. Cela passe généralement par l’identification d’un paradoxe.

Par exemple, au sujet de la liberté politique, on peut considérer en première approche qu’elle se matérialise par le fait que chacun puisse faire ce qu’il veut. En ce sens, la liberté semble s’opposer à la notion d’autorité. Pourtant, s’il n’y a pas d’autorité, la situation d’anarchie peut facilement déboucher sur la domination de quelques-uns, par le rapport de force. La liberté semble donc, au contraire de ce que nous sentions initialement, réclamer une certaine autorité. Mais cette autorité viendrait alors limiter la liberté, la contraindre : est-ce encore vraiment la liberté ?

On voit bien dans cet exemple que deux positions sont a priori défendables, mais finalement intenables parce que contradictoires entre elles. Le problème semble donc insoluble, et c’est la marque d’un véritable problème philosophique.

Présenter et justifier les thèses envisageables, et proposer une solution

La méthode de la dissertation va dès lors consister, après cette présentation rapide du problème, en introduction, à entrer dans le détail des deux thèses contradictoires ainsi mises en évidence. Cet examen constituera les deux premières parties du développement.

Vient ensuite la question de la sortie du problème. Quelle solution voyons-nous ? C’est cela qui va constituer la troisième partie.

Trouver une troisième partie est forcément difficile. Sur la base de ce que nous avons dit à propos du problème philosophique, trouver une issue ne peut être aisé. C’est donc le moment le plus exigeant de la dissertation.

Il nous faut trouver une manière de répondre à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons après les deux premières parties. Il s’agit de résoudre, autant que possible, les difficultés posées par chacune des deux positions.

Dans l’exemple que nous avons pris, nous pouvons ainsi proposer l’idée que l’autorité compatible avec la liberté politique est une autorité qui n’est au service que de cette liberté. Une autorité dont on ne peut se servir que pour protéger la liberté de chacun. Toute action entreprise en son nom doit pouvoir être justifiée en ce sens.

Une solution toujours provisoire : la modestie philosophique

Cette position a l’avantage de nous avoir fait progresser par rapport au problème initial. Nous partions d’une situation où l’autorité et la liberté étaient à la fois incompatibles et inséparables, et nous avons fini par comprendre dans quelle mesure nous pouvions les rendre compatibles, en équilibrant leurs rapports.

Une telle solution ne peut cependant être que provisoire. Même si le style des dissertations peut parfois donner l’impression que l’auteur prétend avoir définitivement résolu le problème, ce ne sera quasiment jamais le cas. Nous avons progressé, clarifié, et trouvé une approche plus satisfaisante, sur laquelle nous pouvons nous appuyer. Mais nous pourrons toujours revenir sur la question, améliorer encore notre compréhension.

Notre dissertation doit aussi permettre à d’autres de s’appuyer sur notre travail pour pouvoir aller plus loin. Ils éviteront ainsi de refaire le chemin que nous avons déjà parcouru, et pourront partir de nos résultats pour les améliorer, ou les remettre en question.

En pratique : quelle méthode suivre pour construire sa dissertation ?

Maintenant que vous avez en tête l’esprit de la dissertation, nous pouvons passer à la question plus concrète de la rédaction.

La dissertation se découpe en trois grands moments : l’introduction, le développement, la conclusion.

L’introduction : générer de l’intérêt pour le problème

L’enjeu de l’introduction est de conduire le lecteur jusqu’au problème. Il s’agit de le convaincre que le problème philosophique que nous avons identifié se pose réellement.

Pour cela, on peut partir d’une accroche, sur la base d’un fait de la vie quotidienne, ou d’une citation littéraire par exemple. Cela permet d’ancrer la dissertation dans un cadre extérieur.

Depuis ce point de départ, il va falloir mettre en scène le problème qui se pose. Cela prendra souvent la forme de l’exposé des deux thèses contradictoires mais d’apparence convaincantes qui seront développées par la suite. Cette étape est celle de la problématisation. Contrairement à une idée répandue, elle ne prend pas forcément la forme d’une question. Il s’agit de montrer qu’un problème se pose. Et pour cela, il peut suffire de montrer que deux solutions incompatibles se présentent à nous, entre lesquelles il est quasiment impossible de trancher.

Une fois ce problème exposé, il est utile de souligner son importance. Non seulement nous ne parvenons pas, à ce stade, à choisir entre les différentes options, mais les conséquences de tel ou tel choix sont de grande ampleur. Cette étape justifie que nous ayons consacré du temps au problème. Et elle incite le lecteur à lire notre travail. Elle consiste à exposer les enjeux du problème. Il s’agit de montrer que choisir une option ou une autre n’est pas indifférent.

Enfin, on termine l’introduction par l’annonce du plan que nous allons suivre dans la suite de la dissertation. Vous annoncerez clairement à ce stade les parties qui composeront votre développement. La thèse de chacune des parties pourra par exemple être énoncée en une phrase en cette fin d’introduction. Pour l’exemple que nous suivons depuis le début, nous pourrions dire, de manière très résumée : “Nous verrons d’abord en quoi la liberté semble incompatible avec l’autorité, avant de constater que sans autorité il ne peut y avoir de liberté. Nous examinerons enfin de quelle manière nous pouvons réussir à faire cohabiter la liberté avec l’autorité.”

Vous pouvez remarquer l’importance des connecteurs logiques. Ils permettent à votre lecteur de suivre votre cheminement. Là où la juxtaposition d’idées contradictoires pourrait le gêner, l’introduction d’un petit mot comme “mais”, “cependant”, “pourtant”, lui permet d’intégrer le fait que vous êtes en train de mettre en évidence un contraste, par exemple.

Le développement : entrons dans le détail

Le développement est le moment où vous allez détailler vos arguments. Vous allez y examiner en détail ce qui fait que chacune des thèses que vous avez envisagées est défendable.

Le développement sera donc constitué d’une partie par thèse. Chaque partie sera composée de deux ou trois sous-parties. Et chaque sous-partie doit se concentrer sur un seul argument. Cet argument doit être développé, clarifié. Votre objectif est de faire passer votre idée. Et pour cela il ne suffit pas de la formuler une fois. Il vous faut la reformuler, l’exposer sous différents angles, donner un ou deux exemples.

L’usage des références

Vous remarquerez que je n’ai jusque là pas parlé de références à des oeuvres philosophiques. C’est dans le développement qu’elles peuvent intervenir. Mais elles ne sont pas indispensables pour disserter. Ce qui structure votre dissertation, c’est votre réflexion propre, votre cheminement. Vous pouvez vous appuyer sur le travail des auteurs qui ont écrit avant vous. Cela est même nécessaire pour produire une réflexion de qualité en un temps limité.

Mais une dissertation n’est pas une récitation de cours. Les auteurs que vous invoquerez doivent être au service de vos arguments. Ils ne sont pas en eux-mêmes des arguments : ce n’est pas parce que tel auteur célèbre a soutenu telle idée qu’elle est vraie. C’est parce que vous trouvez cette idée pertinente dans le cadre de votre réflexion que vous vous appuyez sur la manière dont cet auteur en a parlé, pour progresser dans votre réflexion.

La conclusion : rassembler les idées examinées au cours de la dissertation

La conclusion va résumer le chemin parcouru, et éventuellement ouvrir sur d’autres problèmes. Elle est indispensable : une dissertation sans conclusion est une dissertation incomplète. Vous devez donc toujours garder du temps pour conclure. Vous pouvez même écrire votre conclusion au brouillon avant de rédiger votre développement, pour n’avoir plus qu’à la recopier à la fin.

La partie indispensable de la conclusion est le résumé du chemin suivi au cours du développement. Vous reprendrez donc les grandes étapes de votre raisonnement, qui devraient être les différentes thèses examinées, et vous les lierez logiquement. Il s’agira de faire sentir à votre lecteur que nous avons progressé.

Vous pourrez avoir l’impression de vous répéter entre l’annonce du plan, le développement et ce résumé. C’est normal. Comme je l’indiquais par ailleurs, pour transmettre un raisonnement, il faut souvent le formuler à plusieurs reprises, en le présentant sous différents angles.

Vient ensuite, dans la méthode classique de la dissertation, la partie facultative et plus délicate de la conclusion : l’ouverture. Il s’agit d’indiquer au lecteur le travail qui reste à faire. Cela peut consister par exemple à indiquer les problèmes qui sont posés par la solution que nous avons proposée. Cette étape est délicate parce qu’elle risque de donner l’impression que nous n’avons pas complètement répondu au problème. Il faut donc identifier un problème voisin, lié, mais clairement distinct. C’est difficile, et vraiment pas indispensable ; vous pouvez donc tout à fait vous permettre de vous en tenir au résumé si vous ne vous sentez pas à l’aise avec l’ouverture.

Aller plus loin dans la maîtrise de la dissertation et de sa méthode

L’acquisition de la méthode de la dissertation passe par l’exercice. Il faut mettre en pratique cette approche le plus souvent possible pour qu’elle devienne vôtre, pour que vous soyez à l’aise avec elle.

S’il vous reste des questions, ou si vous rencontrez de nouvelles difficultés, n’hésitez pas à intervenir en commentaire.

Je peux aussi vous aider de façon plus personnalisée si vous le souhaitez. Nous pourrons travailler sur des sujets de dissertations, en fonction de vos centres d’intérêt ou des thèmes que vous souhaitez approfondir. Nous pourrons plus largement développer votre connaissance philosophique à travers des cours particuliers.

N’hésitez pas à me contacter pour en discuter, par téléphone au 07 81 73 33 82, ou via le formulaire de contact.

Qu’est-ce que faire de la Philosophie ?

“Qu’est-ce que la philosophie ?”, “Que fait-on en philosophie ?”, c’est à ces questions que je veux tenter d’apporter un éclairage.

Pour ce faire, je vais présenter la philosophie en partant de la pratique. Savoir ce qu’est la philosophie, c’est en effet selon moi comprendre ce que l’on fait quand on fait de la philosophie.

La philosophie comme clarification

La philosophie, justement, cela consiste le plus souvent à clarifier ce que l’on veut dire, à formuler ses questions et arguments de façon à lever au maximum les ambiguïtés et difficultés de compréhension.

Cela passe souvent, dans sa forme scolaire en tout cas, par les deux exercices incontournables que sont la dissertation et l’explication de texte. Mais pour pouvoir les réussir, il faut avoir compris en quoi consiste le travail philosophique.

Les formes de la philosophie

Faire de la philosophie peut prendre plusieurs formes.

Il peut s’agir de partir d’une affirmation générale et de chercher à mieux la comprendre, pour voir en quoi ce qui peut sembler évident au premier abord ne l’est pas forcément. Cette problématisation peut avoir lieu face aux affirmations les plus banales. Ainsi, par exemple, l’énoncé “le rideau est rouge” peut sembler trivial et non problématique. Pourtant, on pourra se demander comment on l’établit, comment on se met d’accord sur cette affirmation. Qu’est-ce qui fait que l’on admet collectivement la vérité de cette affirmation ? Sommes-nous certains que nous voyons tous le rideau de la même façon ? Ces questionnements sont de nature épistémologique, c’est-à-dire qu’ils concernent la connaissance.

On pourra aussi se demander d’où vient la couleur rouge du rideau. Qu’est-ce qui lui donne sa “rougeur”, est-ce quelque chose qu’il possède en lui ? On pourrait considérer que ces interrogations relèvent de la science, mais celle-ci ne remonte pas aux causes premières, elle s’appuie sur des hypothèses de bases (existence des atomes, physique quantique) qui laissent de côté la question de savoir ce qu’est la matière par exemple. Nous sommes alors dans le domaine de l’ontologie, c’est-à-dire des questions relatives à l’être.

Plus souvent, la philosophie cherchera à s’attaquer à des problèmes en apparence insolubles, des problèmes face auxquels il semble possible de proposer des réponses différentes et incompatibles entre elles. Ainsi, dans le domaine politique, la question de savoir s’il faut privilégier l’égalité ou la liberté. Dans ce cas, le philosophe cherchera à préciser ce que l’on peut entendre par “liberté” et “égalité”, pour mieux cerner ce qui oppose les deux idées, et ce qui au contraire les relie.

La philosophie comme source de solutions

À chaque fois, il s’agira pour le philosophe d’analyser le problème, de comprendre la logique des différents arguments. Il faudra aussi essayer de cerner le plus précisément possible les points de différence entre les différents options, pour mieux voir où se situe le choix.

Souvent, l’opposition entre les différentes approches prend sa source dans des conceptions différentes, des définitions différentes pour les mêmes mots. Mettre en évidence ces différences, pour clarifier le choix, et parfois rendre compatibles les différentes options, c’est aussi le travail du philosophe.

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Si vous souhaitez en discuter, approfondir cette réflexion, ou mettre en pratique la démarche philosophique sur des questions précises, n’hésitez pas à me contacter.