Manuel d’Épictète – Compte-rendu de l’atelier

Cet atelier sur le Manuel d’Épictète s’est tenu le 8 septembre 2020, dans le cadre de la série sur la philosophie antique et médiévale.

Édition de référence : Épictète, Manuel, traduction d’André Dacier (1715), I à XXVI, XXXIX, XLIII, LII, reprise par Gérard Chomienne dans le recueil Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004. Voir aussi Marc Aurèle, Pensées pour moi-même suivies du Manuel d’Épictète, traduction Mario Meunier, Paris, Flammarion, collection GF, 1964-1992.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé complet, ni d’un commentaire du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Comment mener sa vie en stoïcien ?

Ce qui dépend de nous, ce qui n’en dépend pas

  • Ce qui dépend de nous, ce sont nos pensées, nos opinions. Le reste ne dépend pas de nous (I, 1).
  • Nous ne pouvons jamais être forcé à quoi que ce soit concernant ce qui dépend de nous (I, 3).
  • Au contraire, pour tous le reste, nous pouvons rencontrer des obstacles, causes de trouble (I, 3).
  • C’est pourquoi il faut concentrer nos efforts (I, 4) et ne désirer que ce qui dépend de nous (XIV).
  • Il nous faut donc nous désintéresser de ce qui n’est pas en notre pouvoir (I, 5) et ne pas développer d’aversion dans ce domaine (II). En effet, ce qui cause le trouble, ce ne sont pas les choses ou les événements, mais l’opinion que nous en avons (V).
  • Comme l’acteur de théâtre, nous ne choisissons pas le rôle que nous jouons dans la vie, mais il est de notre ressort de bien jouer ce rôle (XVII).

Se protéger des déceptions : la recette du Manuel

  • Pour nous protéger contre le trouble causé par la perte d’un bien ou d’une personne chère, il faut nous y préparer en nous rappelant que sa présence n’est pas éternelle. Sa perte est prévisible et ne doit donc pas être cause de trouble (III, XI). Voir aussi XXVI.
  • Lorsque nous envisageons une action, il faut nous la représenter en détail, y compris dans ses aspects désagréables, pour choisir en pleine conscience et ne pas être déçus à la réalisation. Il faut aussi nous souvenir du fait que l’action en question n’est jamais la totalité de ce que nous voulons : être « libre et indépendant » est notre aspiration principale. Cette aspiration ne doit pas être affectée par la réalisation ou non de telle ou telle action (IV).
  • Nous ne devons pas nous glorifier de nos possessions extérieures (VI). Il nous faut également mépriser l’opinion des autres nous concernant, qu’elle soit positive (XIII), ou négative. En effet, injures et outrages ne blessent que par l’opinion que nous avons d’eux (XX). Voir aussi XXII et XXIII.
  • Nous pouvons accepter les avantages extérieurs, mais il nous faut être prêts à tout laisser en un instant (VII). Nous ne devons pas chercher à les obtenir ou à les conserver (XV, XXIV, XXV). Mieux est encore de les mépriser même lorsqu’ils sont là (XV). Et au moins de ne pas dépasser la mesure (XXXIX).
  • « Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu veux. Mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux » (VIII, traduction Mario Meunier). Voir aussi XLIII.

Développer ses vertus, gérer ses désirs et mener sa vie selon Épictète

  • Chaque événement ou accident est l’occasion de l’exercice d’une vertu, qu’il faut rechercher (X). Cette pratique, mentale, est indispensable : la théorie seule est inutile (LII).
  • Rien n’est plus urgent que de se consacrer à la sagesse. Tant pis si cela mène à la ruine par négligence du reste (XII, XIII).
  • Il ne faut pas croire que ceux qui réussissent socialement sont heureux : le bonheur dépend de la liberté, qui elle-même est le fruit du mépris des choses extérieures (XIX).
  • Nous devons parfois compatir aux malheurs d’autrui. Il faut alors bien distinguer qu’il n’est affligé que par ses opinions, et nous garder de nous affliger véritablement nous-même (XVI).

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur le Manuel d’Epictète aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Le prochain atelier, prévu pour mardi 22 septembre à 21h, sera l’occasion d’approfondir notre connaissance du stoïcisme avec les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire, ou me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

Et pour être informé/e des futurs événements, vous pouvez vous inscrire à la newsletter ou me suivre sur Mastodon.

Série d’ateliers en ligne sur la philosophie antique et médiévale

Augustin d’Hippone,
fresque de Sandro Botticelli

Suite à la première série d’ateliers d’histoire de la philosophie, qui nous a fait découvrir la philosophie des premiers siècles, de Socrate à Sénèque, je vous propose de poursuivre le parcours. Nous nous intéresserons cette fois à la fin de l’Antiquité et à la philosophie médiévale, du deuxième au quatorzième siècle.

Chaque atelier peut être suivi indépendamment, vous pouvez donc y participer même si vous n’avez pas assisté aux précédents. Je pourrai faire référence à des philosophes évoqués lors d’autres séances, mais leur connaissance ne sera jamais indispensable. Chaque atelier est véritablement centré sur un auteur, une œuvre.

Échanger et comprendre la philosophie antique et médiévale

Ces ateliers seront autant de moments d’échange autour de textes de philosophes de référence de l’Antiquité et du Moyen-Âge. À chaque fois, je vous présenterai les enjeux principaux d’un texte, ainsi que son contexte, en 20 à 30 minutes. Nous entamerons ensuite une discussion générale.

La sélection de textes et d’auteurs est basée sur le manuel de Gérard Chomienne, Lire les philosophes (Hachette Éducation, 2004). La plupart des textes sont disponibles librement, mais je vous recommande ce livre pour les retrouver tous dans de bonnes traductions et un format pratique.

Programme de cette série d’ateliers philo

Les ateliers auront lieu en ligne, un mardi sur deux, de 21h à 22h30. Le programme de cette série d’ateliers de philosophie antique et médiévale est le suivant (les dates, heures et thématiques pourront évoluer, notamment en cas d’événements imprévus) :

  • 8 septembre 2020 : Épictète, Manuel – comment conduire sa vie en stoïcien
  • 22 septembre 2020 : Marc Aurèle, Pensées pour moi-même – comment nous protéger des évènements extérieurs
  • 6 octobre 2020 : Plotin, Traité du Beau – le beau en soi, la beauté elle-même, vue par un néoplatonicien
  • 20 octobre 2020 : Augustin d’Hippone, Les Confessions, livre XI – le temps, passé, présent, futur
  • 3 novembre 2020 : Anselme de Cantorbéry, Proslogion, chapitres II à V – sur l’existence de Dieu
  • 17 novembre 2020 : Averroès (Ibn Rushd), Dévoilement des méthodes de démonstration des dogmes de la religion musulmane – causalité, liberté et pouvoir de Dieu
  • 1er décembre 2020 : Thomas d’Aquin, Somme théologique, question 66, Le Vol – sur le caractère condamnable ou non du vol, selon les circonstances
  • 15 décembre 2020 : Guillaume d’Ockham, Court traité du pouvoir tyrannique – sur la séparation entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel, et les limites à fixer au pouvoir pour qu’il ne soit pas tyrannique

Nous entrerons ensuite, à partir de mi-janvier, dans la philosophie moderne, avec pour commencer Machiavel et Montaigne.

Le tarif est de 12€ par séance, ou 60€ pour l’ensemble des huit séances. Voir conditions.

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Je suis également à votre disposition si vous souhaitez discuter de l’opportunité pour vous de suivre ces ateliers de philosophie antique et médiévale, ou pour toute question. Vous pouvez me contacter par téléphone au 07 81 73 33 82, ou via le formulaire de contact.

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